Faible répercussion de la baisse du taux directeur de la BCE sur le crédit aux particuliers.

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En six mois la banque Centrale Européenne a abaissé son taux directeur de 2.75%. Celui-ci atteint en mars le taux historique de 1.5%. Le souhait de la BCE est de relancer le crédit dans l’ensemble de la zone euro, en injectant des liquidités dans un secteur bancaire en pleine crise. Pourtant la baisse massive du taux directeur de ces derniers mois n’a pas eu de grande répercussion sur la relance de l’offre de crédit aux ménages et aux entreprises.

Plusieurs raisons à cela, à la fois des raisons purement techniques et la restauration des marges bancaires.
Tout d’abord, la baisse du taux directeur à une incidence directe sur les taux à court terme, l’Euribor. Ces taux servent d’index de référence aux taux variables immobiliers. L’Euribor 3 mois a reculé de 3.72% en 5 mois pour atteindre 1,78% le 4 mars 2009. Conséquence : les banques se refinancent actuellement à court terme à des taux très bas. La tendance à la baisse s’accentuera dans les mois à venir. Cependant l’adossement d’un crédit à un taux variable, contrairement aux pays anglo-saxons, n’est pas la pratique préférée de l’emprunteur en France. Conséquence directe : malgré une forte baisse du taux, le marché immobilier reste au point mort.

Les crédits aux entreprises et aux ménages sont le plus souvent indexés sur des taux fixes. Les taux fixes sont calculés d’après les taux du marché obligataire d’emprunts à long terme, par exemple, l’obligation d’État française à 10 ans (OAT), référence des crédits immobiliers à taux fixe. Contrairement aux taux à court terme, la baisse du taux directeur n’a pas un effet direct sur le long terme, et la baisse enregistrée est beaucoup plus faible. Pendant que le taux directeur baissait de 0.50%, l’OAT enregistrait dans la même journée uniquement 0.13% de baisse.

En dehors de ces aspects techniques, d’autres facteurs interviennent au niveau des banques.
Celles-ci soucieuses, dans le cadre de la récession économique actuelle, de garantir la rentabilité de leur encours, augmentent la prime de risque pour se prémunir d’une augmentation des défauts de paiement. De plus, dans le contexte économique difficile, les banques ne répercutent pas la totalité de la baisse élevant ainsi leur marge de profit.

Si la tendance générale est à la baisse, une forte réduction des taux des crédits destinés aux particuliers et aux entreprises, ne semble pas, dans la période actuelle, être à l’ordre du jour.

Bernard Brisson

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